Ressource - Le Requiem de Fauré
L'oeuvre
Ce requiem est l’une des oeuvres les plus connues de Gabriel Fauré. Sa composition s’étend de 1887 à 1901 et est exclusivement en latin. Il compose ce Requiem après avoir perdu son père, puis sa mère.
Il explique : « Un requiem dont on a dit qu'il n'exprimait pas l'effroi de la mort ; quelqu'un l'a appelé une berceuse de la mort. Mais c'est ainsi que je sens la mort, comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur au-delà, plutôt que comme un passage douloureux. »
Il exprime dans cette oeuvre un rapport très intime à la mort, mettant en musique une sorte de marche funèbre à la fois personnelle et universelle. Lorsqu’il décrit son oeuvre il explique : « Je la sens comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur d’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux ».
Cette oeuvre frappe tout de suite par son caractère serein et intime, en totale rupture avec le caractère tourmenté, spectaculaire des Requiems de Verdi, Berlios et Gossec.
Gabriel Fauré est né en 1845 au sud de Toulouse. Très tôt, il montre de réels dons musicaux qui lui permettent d’être accepté, dès 9 ans, à l’École Niedermeyer de Paris. Il fut d’abord organiste, puis maître de chapelle, puis titulaire du grand orgue de la Madeleine et professeur de composition au Conservatoire de Paris.
Il devint finalement directeur de la structure de 1905 à 1929. Il est donc à la fois compositeur et acteur au sein de plusieurs institutions culturelles. Ses oeuvres sont principalement pensées pour piano, parfois appelées "pièces de salon" car très intimistes.
Fauré est considéré comme l’un des plus grands compositeurs français de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle. Aujourd'hui encore, on parle d'enchaînements harmoniques "fauréens" pour parler d'un langage musical dépouillé et raffiné, caractéristique du compositeur.
« En seulement deux mesures, il fait naître un monde excentrique, jamais vu auparavant. La fin de siècle de Fauré était pleine de tendances exotiques et orientales, et il a probablement été attiré par cette tradition de peindre cet improbable, incroyable monde avec sa sonorité exotique qui sonne presque comme la place Jemaa el-Fna, à Marakkech. L’Agnus Dei est extrêmement lyrique dans les cordes, très charnu, très structuré, s’appuyant sur de rayonnantes voix hautes de ténor. Le Libera me est une prière géante qui anticipe ce que la colère de Dieu peut entraîner, représentée par un solo de baryton. Et puis nous arrivons à l’In paradisum, qui est musicalement représenté d’une manière absolument éthérée et diaphane, et qui s’appuie sur une mélodie sans commencement, sans partie centrale, sans fin. Il n’y a presque aucun forte, et nous ne savons pas où il va, et encore moins où et quand il se termine. Très étrange, encore une fois, mais c’est vraiment une image du paradis ! »
Hervé Niquet
Le requiem
Un requiem est une messe de l’Église catholique chantée lors de funérailles ou de cérémonies du souvenir. C’est une prière en latin adressée aux âmes des défunts, habituellement chantée par un choeur. Le Requiem est l’un des genres de musique sacrée les plus anciennes de l’Occident.
Aujourd’hui, il est rare d’entendre des requiems lors d’un service religieux, bien que ce genre continue d’inspirer les artistes du 21e siècle dans les salles de concert. En principe, lorsqu’un compositeur écrit un requiem, il suit un texte prédéfini, même s’il est possible d’enlever certaines parties et de changer le style musical. Si pour beaucoup de compositeurs contemporains le Requiem a toujours une connotation religieuse, il est aussi utilisé comme un moyen de véhiculer une réflexion sur la mort centrée sur l’homme et non plus le divin.
Vocabulaire
Organiste : Musicien jouant de l'orgue
